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La réforme des retraites

Cette page reprend des éléments, informations, liens, réflexions… qui ont été émises lors des retrouvailles de janvier 2020, et étoffées par les échanges ultérieurs. N'hésitez pas à l'enrichir (si vous ne savez pas comment faire, vous pouvez vous adresser à contact@gns11.fr).

Lectures :

Quelques points saillants :

  • Suppression des « 25 meilleures années », la retraite est calculée sur l’ensemble de la carrière
  • Les 43 ans de cotisation sont-ils conservés ? Sur le papier, pas sûr, mais intervient la notion de « carrière complète », que personne ne sait expliquer → sur ce point, voir cet article de blog qui confirme qu'on reste sur 43 ans…
  • Pendant les congés parentaux, on ne cotise pas de points
  • Ce sont la plupart du temps les femmes qui prennent un congé parental ou un temps partiel
  • Pas de garantie (dans le rapport Delevoye) d’un équivalent des 8 trimestres par enfant
  • Au 3e enfant, on a aujourd’hui une majoration de 10% par parent; devient : 5% pour un parent au choix (grosse incitation à les mettre chez le père s’il a un + gros salaire)
  • Le remplacement des trimestres par les points peut être bénéfique dans le cas particulier où on a travaillé dans un trimestre moins que le seuil de trimestre (150 h)
  • Valeur d’achat du point, c’est-à-dire équivalence cotisation-point : serait connue / communiquée aux syndicats
  • Valeur de paiement du point : non seulement on ne sait pas aujourd’hui comment il sera calculé, mais il n’y aura pas de garantie sur la stabilité du point qui peut être révisé par simple décret (donc sans même consultation du parlement) → aucune prévisibilité, aucune possibilité de faire des prévisions de vie
  • Quand on est sur une logique qui précarise un certain nombre de gens, qui ne peuvent pas se projeter, on va vers l’ouverture de marchés d’assurance privée → avec pour conséquence que l’épargne ne va plus dans l’économie réelle, elle va dans la finance (les Français sont un des peuples qui épargnent le plus)

Ces réflexions ont notamment été avancées lors du débat, le soir des retrouvailles de janvier 2020.

Arguments avancés avec la réforme Macron :

  • universalité (d’où découle le système par points); un régime unique pour tout le monde.
  • personne ne partira avec moins de 1000€/mois (à taux plein) — en fait le minimum actuel dans le régime général est déjà à 974 € — ça reste une avancée pour les agriculteurs (et pas mal d’indépendants)

Sur le financement :

  • aujourd’hui, les cotisations représentent 75 % du financement des pensions (donc les propositions de G.s d’autres sources de financement comme la taxe robot ne sont pas alien)
  • Ce qu’on met dans la tête des gens qu’il y a un problème de financement des retraites, est faux. L’équation est beaucoup plus complexe, on pourrait par exemple élargir l’assiette.

Sur le risque politique à aller à l'encontre de l'opinion :

  • Le CNR a créé la retraite en remplacement des caisses ouvrières à une époque propice pour les conquêtes sociales; depuis 1974, on est entré dans une période dure pour les travailleurs; la retraite préfigure le revenu universel; que fait Macron ? Il impose une feuille de route. Conséquence politique : ceux qui ont voté Chirac puis Macron face à Le Pen pourraient ne pas le faire une 3e fois. D’où la nécessité d’une alternative de gauche.
  • Les régimes spéciaux viennent des caisses ouvrières antérieures au CNR. Macron, dans son projet, a recréé les régimes spéciaux, mais pas sur la base de solidarités mais sur la base de ce qui fait tenir son système. C’est dangereux parce que ça fait dépendre le système de sa police et de son armée.
  • La volonté d’imposer le projet par la force est un danger démocratique.

Sur l'injustice :

  • Le plafonnement des cotisations sur les plus gros salaires est non seulement un cadeau aux salariés les plus riches, mais surtout aux entreprises. Ça fait perdre 4 milliards par an.
  • « 1€ cotisé = la même chose pour tous » n’est pas juste, puisque les plus riches vivent plus longtemps, donc on se retrouve à payer la retraite des riches.
  • Le projet est présenté comme un projet de justice sociale, ce qui ajoute au cynisme.

Sur l'écologie :

  • Les critères comme « les pensions ne doivent pas dépasser 14 % du PIB » (l’Europe réclame 11 %) sont problématiques parce qu’ils incitent à privilégier la croissance.

Sur la situation des retraités :

  • On a aujourd’hui 7 % de retraités pauvres (sur 14 % de Français pauvres)
  • Aujourd’hui, les gens partent en retraite à 63,9 ans — sur quoi 40 % des gens n’ont rien cotisé dans la dernière année - minimum vieillesse (800 €) n’est pas pris par les agriculteurs car récupérable sur la succession
  • L’allongement des carrières cause non seulement le chômage des séniors, mais cause aussi de plus en plus d’arrêts de travail et des longues maladies. D’où transfert vers d’autres caisses, mais aussi diminution de l’espérance de vie.

Sur le sens du travail, sur la protection sociale :

  • Ce qui m’énerve, c’est la privatisation des risques sociaux; demain ça sera l’assurance maladie. Ça interroge le rôle du travail dans notre société : faut-il bosser jusqu’à en crever, ou penser à un partage du travail, etc.
  • Après ce néo-libéralisme depuis 40 ans, quel est notre projet de société pour vivre ensemble ? Quels sont les ajustements qu’on a à faire pour aller vers un projet d’épanouissement, de bonheur, de réussite ?
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  • Dernière modification: 2020/02/02 10:06
  • par Bruno B-DS